UNE FENÊTRE SUR TAÏWAN


Le colloque pluridisciplinaire Perspectives taïwanaises associe chercheurs confirmés et jeunes chercheurs dans l'exploration de différentes thématiques liées à la société contemporaine taïwanaise : migration, identité, mémoire, géopolitique, arts et littérature, et cultures locales. Ce colloque est le point d’orgue de la première phase du projet Taiwan Studies, mené par l'équipe de FTS à l'EHESS depuis 2017.
En savoir plus sur le projet Taiwan Studies

INTERVENANTS

JEAN-PIERRE
CABESTAN

Université Baptiste, Hong Kong

Jean-Pierre Cabestan est directeur de recherche au CNRS en détachement. Il est depuis 2007 professeur au Département de science politique de l’Université baptiste de Hong Kong et directeur de ce département. Il est aussi chercheur associé à Asia Centre, Paris ainsi qu’au Centre d’étude français sur la Chine contemporaine de Hong Kong. Ses principaux thèmes de recherche incluent les réformes politiques, institutionnelles et juridiques en Chine populaire, la politique étrangère et de sécurité chinoise, les relations Chine-Taiwan, le système politique taiwanais et les relations Chine - Afrique.

KIKUCHI KAZUTAKA
菊池一隆

Université Aichi Gakuin, Japon

PhD in Economics and in Letters. Researcher at Chinese Academy of Social Sciences(中国社会科学院経済研究所)and Institute of Modern History, Academia Sinica(中央研究院近代史研究所)during 1990s. Fields of expertise are history of modern political economy in East Asia (Sino-Japanese War History, World Chinese History, Taiwan Native History, East Asian History, History Textbook Issues, etc.) Author of over than ten academic books.

LAN SHI-CHI
藍適齊

Université de Sciences politiques, Taïwan

Shi-chi Mike Lan (Ph.D., Chicago) is Associate Professor at the Department of History, National Chengchi University, Taiwan. Prior to teaching in Taiwan, he taught at Nanyang Technological University in Singapore; he also held visiting positions at University of Tokyo and Rikkyo University in Japan. His research interests include Modern East Asian History, empire and nation, the Second World War, and historical memory. His recent publications include “Trapped between Imperial Ruins: Internment and Repatriation of the Taiwanese in Postwar Asia-Pacific”, in Barak Kushner and Sherzod Muminov, eds., Overcoming Empire in Post-Imperial East Asia: Repatriation, Redress and Rebuilding (2019);〈台湾人戦犯と戦後処理をめぐる越境的課題 1945‒1956〉,《中國21》(愛知大學現代中國學會會刊),第45號(2017) ; “’Crime’ of Interpreting: Taiwanese Interpreters as War Criminals of World War II”, in Kayoko Takeda and Jesús Baigorri, eds., New Insights in the History of Interpreting (2016).

GUNTHER
SCHUBERT

Université de Tübingen, Allemagne

Gunter Schubert is Chair Professor of Greater China Studies at the Department of Chinese Studies, University of Tübingen. He is also the Director of the Tübingen-based European Research Center on Contemporary Taiwan (ERCCT). Professor Schubert specializes in the politics and society of the Greater China region with a special focus on the cross-strait political economy, Taiwan domestic politics, local governance and policy implementation in the PRC, private sector reform in the PRC, and East Asian immigration policy in comparative perspective. He spends several months every year to conduct fieldwork in the PRC, Taiwan and Hong Kong.

WU NAI-TEH
吳乃德

IOS, Academia Sinica, Taïwan

Wu Naiteh 吳乃德 received his Ph.D. in political science from the University of Chicago in 1987. He is currently an emeritus research fellow in the Institute of Sociology, Academia Sinica, Taipei, Taiwan. He was visiting associate professor in Sociology Department at University of Michigan, Ann Arbor in 1996. He was also the founding president of the Taiwanese Political Science Association (1995-97). He co-founded in 2017 the non-governmental Association for Truth and Reconciliation in Taiwan. His research interests included democratization, ethnic politics, nationalism, and transitional justice.

BÉATRICE
ZANI

Université Lyon 2

Béatrice Zani est docteure en sociologie à l’Université Lumière Lyon 2, TRIANGLE UMR 5206 et ATER à l’IEP de Lyon. Elle est membre du Bureau de l’Association Européenne d’études taïwanaises (EATS), du Bureau de jeunes chercheur.e.s du GIS Asie et du Bureau RT 2 « Migration, altérité et internationalisation » de l’AFS. Elle a obtenu en 2017 le Prix Christian Ricourt du Jeune Chercheur en Etudes Taiwanaises (AFET) et le Prix des Droits de l’Homme de la Ville de Lyon en 2016. Elle est chercheuse associée au LIA « Post Western Sociologies in Europe and in China », CNRS-ENS Lyon/ CASS.

GWENNAËL
GAFFRIC

Université Lyon 3

Gwennaël Gaffric est Maître de conférences en langue et littérature chinoises à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Ses recherches récentes portent sur les thématiques environnementales dans la littérature contemporaine en Chine, à Hong Kong et à Taïwan, en particulier dans la science-fiction. Il a récemment publié La littérature à l’ère de l’Anthropocène : Une étude écocritique autour des œuvres de l’écrivain taïwanais Wu Ming-Yi (coll. « Études formosanes », L’Asiathèque, 2019). Il est aussi traducteur littéraire et dirige la collection « Taiwan Fiction » de l’Asiathèque.

JULIETTE
GENEVAZ

IRSEM

Juliette Genevaz est le chercheur Chine à l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM). Docteur en sciences politiques de l’université d’Oxford, elle a rejoint l’IRSEM après un TransAtlantic Postdoctoral Fellowship for International Relations and Security (TAPIR). Elle a notamment publié dans les revues The Journal of Contemporary China (2019) et China Information (Septembre 2016).

ANDRÉ
LALIBERTÉ

Université d'Ottawa, Canada

André Laliberté a écrit depuis plus de vingt ans sur l’influence de la religion dans les évolutions politiques de Taïwan. Cela inclut la transition démocratique, les relations inter-rives, et l’évolution du régime providentiel dans le contexte du vieillissement de la population. Ses travaux actuels examinent les effets de décennies d’éducation civique confucéenne sur les attentes des ménages pour les soins à domicile, et s’interrogent sur la capacité de la société civile à s’adapter à une immigration, en voie de se pérenniser, et dont les valeurs culturelles sont très différentes de celles de la société d’accueil.

LI HSIN-YI
李欣怡

EHESS - UMR Chine Corée Japon

Hsin-yi Li is associate post-doc member of the EHESS. She holds a PhD in Anthropology from Heidelberg University (Germany). Her research areas include international student mobility, transnational strategies of Chinese migration in Asia and Europe, cultural identity and authenticity in a transcultural context, and pilgrimage studies. She is currently collaborating with Samia Ferhat (EHESS/CECMC) in the French Taiwan Studies and working on a post-doc project about the construction of youth identity under the Regime of the Chinese Nationalist Party (Kuomintang) between the 1950s and the 1990s in Taiwan.

LIU CHAN-YUEH
劉展岳

Inalco

Chanyueh LIU, enseignant de chinois à l’Inalco et docteur en ethnoscénologie de l’Université Paris 8, membre associé de l’Institut de Recherche Intersite d’Etudes Culturelles (IRIEC – EA740) de l’Université Paul Valéry Montpellier 3. Les axes de ses recherches actuelles se développent ainsi : 1 L’histoire et la pratique des arts à Taiwan et en Chine continentale ; 2 L’histoire intellectuelle et la littérature à Taiwan et en Chine continentale avec leur société ; La langue chinoise et ses phénomènes en pratique.

TSAI YU-YUEH
蔡友月

IOS, Academia Sinica, Taïwan

Yu-yueh Tsai received her doctorate in Sociology from National Taiwan University. She is Associate Research Fellow at the Institute of Sociology, Academia Sinica, Taiwan. She works in the areas of medical sociology, science, technology and society, race/ethnicity, aboriginal health and identity, and sociology through documentary films. She is currently researching biomedicine, identity politics, and modernity in relation to the geneticizing of aboriginal origin, identity and health in Taiwan and has published a series of articles. She published her book, Mental Disorder of the Tao Aboriginal Minority in Taiwan: Modernity, Social Change, and the Origin of Social Suffering, and edited two books, Post Genomic Taiwan: Shifting Paradigms and Challenges (edited with Mei-Lin Pan, Tzung-Wen Chen 2019), Abnormal People? Psychiatry and the Govermance of Modernity in Taiwan (edited with Jia-Shin Chen 2018) in Taiwan.

WANG CHIEN-HUI
王建慧

Université Sorbonne-Nouvelle

WANG, Chien-hui, doctorante en littérature générale et comparée de l’Université Sorbonne-Nouvelle (Paris 3) et boursière de l’État taïwanais, est arrivée à Paris en automne 2014. Elle travaille actuellement sur sa thèse, intitulée provisoirement « La lecture du dehors :littérarité de l'identité et poétique insulaire dans la littérature “de Taïwan” » et d'autre part, ayant pour but de faire connaître sa patrie qui est depuis très longtemps et encore aujourd'hui en marge du monde, elle conçoit un roman, écrit en français, sur l’Histoire polyphonique et les cultures hybrides de l'île Formose, et est désireuse d’ouvrir une libraire consacrée à Taïwan en France. Elle a reçu en 2019 la bourse de la fondation Flora Blanchon de l’Académie des inscriptions et belles-lettres pour ses missions de terrain.

JEUNES CHERCHEURS


CAMILLE
AKOUN

École des hautes études en sciences sociales

Formée à SciencesPo et à l’École normale supérieure (Ulm), Camille travaille dans le cadre de son mémoire de master sous la direction de Samia Ferhat à l’Ehess. Elle a été stagiaire du CEFC Taïpei.

ALEXANDRE
GANDIL

CERI, Sciences Po, CNRS

Doctorant en science politique au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po (Paris) sous la direction de Françoise Mengin, Alexandre Gandil consacre ses recherches à l’élaboration d’une sociologie historique du politique à Kinmen. Bénéficiaire pendant trois ans du financement « Relations internationales et stratégie (RIS) » du ministère français des Armées (2016-2019), il est désormais doctorant associé à la Fondation taïwanaise Chiang Ching Kuo.

CAROLINE
MOUANGVONG

Inalco

Caroline Mouanvong est arrivée en France en 1981. Elle a travaillé dans l’industrie automobile, la maintenance aéronautique et dans une librairie pendant 34 ans, puis a repris ses études en Licence de Chinois à l’INALCO en 2015. Elle est actuellement en Master 2 d’anthropologie/Chinois à l’INALCO et travaille sous la direction de Catherine Capdeville-Zeng.

PÈRE LANDRY
VÉDRENNE

Institut Catholique de Paris

Le Père Landry Védrenne est doctorant en sciences politiques à la FASSE (Faculté de Sciences Sociales et Économiques) de l’Institut Catholique de Paris sous la direction du Père Bernard Bourdin, dominicain et chercheur sur la politique et la religion et sous la co-direction de Laura Pettinaroli, spécialiste de Pie XII ainsi que d’Emmanuel Lincot, sinologue. Il est diplômé d’une licence de théologie de l’Institut Catholique de Paris et d’un Master en Sciences Politiques (International Master’s Programm in Asia-Pacific Studies-IMAS) de l’Université Nationale des Sciences Politiques de Taiwan à Taipei (National Chengchi University-NCCU). Le sujet de son mémoire était : « The Diplomatic Relations between the Holy See and the Republic of China from 1942 to 2012: History, Challenges, and Perspectives. » Il consacre ses recherches aux relations sino-vaticanes établies sous le Pape Pie XII, dont les archives secrètes seront ouvertes le 2 mars 2020, comme éclairage d’une éventuelle normalisation des relations diplomatiques entre la Chine et le Saint-Siège.

CHEN WAN-SHIN
陳琬欣

Université Sorbonne Nouvelle

Chen Wan-Shin est doctorante à l’École Doctorale des Arts & Médias de l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 sous la direction de Claude Forest. Elle a été assistante de recherche à l’Institut de la communication à l’Université Nationale Chengchi de Taïwan de 2011 à 2016.

CORENTIN
LUDWIG

École des hautes études en sciences sociales

Corentin Ludwig est étudiant en Master d’Études asiatiques à l’EHESS. Il prépare un mémoire sur la jeunesse estudiantine du Kuomintang en s’intéressant, plus particulièrement, à leur sentiment d’attachement aux récits élaborés autour de la « Chine ». Corentin Ludwig a été lauréat de deux bourses de terrain, l’une de la Mention Amo (EHESS) en 2018, et l’autre du « Taiwan Studies Project » (MOE-EHESS/CNRS) en 2019. Il travaille sous la direction de Samia Ferhat.

MARTA
PAVONE

Inalco

Marta Pavone est doctorante en anthropologie sociale à l’Inalco, sous la direction de Catherine Capdeville-Zeng. Elle est diplômée d’une Licence en langue et civilisation chinoise de l’Université de Naples « L’Orientale » et d’un Master en études chinoises, parcours anthropologie sociale de l’Inalco. Son sujet de recherche porte sur l’influence territoriale du Hongludi Nanshan Fudegong et sur ses relations économiques avec des organisations religieuses et non religieuses.


PROGRAMME

LUNDI 15 JUIN

9:00 - 9:30
ACCUEIL

9:30 - 10:00
KEYNOTE SPEECHES
Problems of Transitional Justice in Taiwan

WU NAI-TEH 吳乃德 (IOS, Academia Sinica, Taïwan)

Résumé de l'intervention
This brief talk will focus on what went wrong, and why, in Taiwan’s pursuit of transitional justice. Transitional justice is both a delicate political task and a moral mission involving complicated ethical issues. The organization in charge of transitional justice is like a court of history, identifying the crimes, the perpetrators and victims. Its verdicts inevitably benefit some political forces while hurt others. In order to reveal the truth and to accomplish the reconciliation, it is required that the organization retains non-partisanship and political neutrality. It is also important that the composition of the organization is balanced and unbiased toward both perpetrators and victims. Transitional justice also involved some complicated ethical issues, to which there are no easy answers. One among them is if those working in the security and police forces and acted according to the contemporary regulations were perpetrators? Another is if those underground Chines Communist Party members who tried to overthrow the KMT’s regime to put the country under the Communist control were victims. Still another question is if the memory of this divisive past is always good for the society. The pursuit of transitional justice with all these difficult problems thus demands sophisticated philosophical thinking. The problem of transitional justice in Taiwan is all the above requirements are lacking.

Asia, Pacific War and Taiwanese indigenous peoples – Armed Forces of the Empire of Japan and Takasago Volunteers

KIKUCHI KAZUTAKA (Université Aichi Gakuin, Japon)


Résumé de l'intervention
Taiwanese indigenous peoples resisted the colony rule extremely, but surrender was made unavoidable. After the start of the Sino-Japanese War in 1937, assimilation and Kominka (Japanization/imperialization) progressed, and when the Pacific War broke out in 1941, the indigenous peoples battled with the Japanese soldiers against the Allied Forces in South Pacific as Takasago Volunteers Army. I will combine and discuss newspaper article, historical source and my own field research interview to clarify the actual condition of that time and some points such as resistance, discrimination, assimilation, and war. アジア・太平洋戦争と台湾原住民―日本軍と台湾高砂義勇隊―台湾原住民は日本植民地統治に激しく抵抗したが降伏を余儀なくされた。 1937年日中全面戦争Second Sino-Japanese Warの開始以降、同化・皇民化が進み、1941年太平洋戦争が勃発すると、日本兵と共に高砂義勇隊Takasago Volunteers Armyとして南洋戦場で連合軍と戦う。私が実施したインタビューに、新聞事、史料等を組み合わせ、抵抗、差別、同化、及び戦争など当時の実態を明らかにする。
 

MÉMOIRE ET IDENTITÉ

Modérateur : Barak Kushner (Université de Cambridge)


10:30 - 11:00
Remembering and Re-defining the Taiwanese Aborigines in the Second World War

LAN SHI-CHI (Université des sciences politiques, Taïwan)


Résumé de l'intervention
During the Second World War, thousands of Taiwanese aboriginal men were recruited and deployed in battlefields across the Asia-Pacific. This paper studies the historical memory of the Taiwanese aborigines in war, and examines the aboriginal identity as seen in war memory.
This paper begins by examining the first “memory boom” of Taiwanese aborigines in war in the 1970s, centering on the “last Japanese Army straggler”, Shiniyuwu (commonly known as Nakamura Teruo), who was deployed in Indonesia in 1944 and did not return to Taiwan till 1975. It finds that experiences of Shiniyuwu—who was given the Chinese name of Li Guanghui after his return—and the Taiwanese aborigines in war in general were re-written to fit into the narratives of the “war of resistance” (of the “Chinese nation”). As a result, memory of the Taiwanese aborigines in war—as well as the aboriginal identity—was constructed in line with the Chinese nationalistic memory of war.
This paper then examines the second “memory boom” of the war in the 1990s, as an emerging “Taiwan-centered” perspective re-wrote history of Taiwan based on the “native” experiences. It finds that while wartime experiences of the aborigines were regarded as essential to the “Taiwan-centered” history, they were generalized as part of the “native (Taiwanese)” narratives against the existing Chinese nationalistic narratives.
The final section examines the third and most recent “memory boom” since the 2000s, as more and more Taiwanese aborigines (and their families) constructed their own war memory through memoirs, oral history, pilgrimage, and commemoration. This section argues that recent efforts by the Taiwanese aborigines not only reconstruct war memory in Taiwan; they further serve as criticism of the existing nationalistic discourse of war memory and re-define Taiwanese aborigines beyond the national frame of identity.

11:00 - 11:30
Genetic Science in Identity Making: the Rediscovery of Taiwanese Origin and Ancestry

TSAI YU-YUEH 蔡友月 (IOS, Academia Sinica, Taïwan)


Résumé de l'intervention
The global development of genetic science and technology has its various manifestations in different local political and cultural contexts. The government of Taiwan began to strongly support the development of biotechnology by funding projects during the 1980s, when this country underwent dramatic transition from authoritarian rule to democracy, emergence of ethnic politics, and conflict of national identity. After the rule by martial law ended, scientific research on the origin and the genetic background of Taiwanese began to emerge in the 1990s. Taking for example the research findings and scientific discourse of the team led by Professor Marie Lin, M.D., widely known as “the mother of the research of Taiwanese blood,” my article aims to explore the particular process of co-production between genetic research and identity politics in Taiwan. Since the 1990s, she has devoted herself to unveiling the mystery of the origins of the ethnic groups in Taiwan by finding scientific evidences of blood attributes and genes. Based on the research findings of her team over the recent two decades, Lin argues that 1) 85 percent of Taiwanese have aboriginal genes; 2) the Han Taiwanese people (Hoklo and Hakka ethnic groups) are mainly the descendants of the Yue people from southern China; 3) a major part of blood attributes of the Han Taiwanese people is derived from plain aboriginal people and 4) aboriginal peoples in Taiwan have multiple origins. These arguments pose a radical challenge to the dominant Chinese nationalist ideology of the period of the authoritarian rule, which is still lingering on now. My article analyzes how the genetic research on Taiwanese origin and ancestry represented by Lin and her team’s has been shaped by social, political, and cultural factors in the context of democratization and ethnic identity. My analysis also shows clearly how science and politics are mutually constitutive.

11:30 - 12:00
The Chinese Youth Anti-Communist National Salvation Corps and Its “Chinese Youth Goodwill Mission"

LI HSIN-YI 李欣怡 (EHESS)


Résumé de l'intervention
In this presentation I will introduce the youth work of the “China Youth Anti-Communist National Salvation Corps” (CYANSC, 中國青年反共救國團, today’s “China Youth Corps”, CYC) in Taiwan. The CYANSC was a governmental mass organization for the youth in the Republic of China (Taiwan) under the Kuomintang-regime in the period of Cold-War. One main focus of the youth educational work of CYANSC in Taiwan was its young- leader/elites training. Considering the precarious situation of the Republic of China in its international affairs, the government was eagerly looking for new ways to stabilize its international relations with other countries. From 1974 onwards, the CYANSC was ordered by the Ministry of Education to organize a delegation of elite university students under the name of “Chinese Youth Goodwill Mission” (CYGM, 中華民國青年友好訪問團). It should act actively in the diplomatic exchanges by presenting Chinese arts and culture as well as the good manners of the free Chinese youth.
By presenting the work of CYGM and the interviews with the former members of CYGM, this paper aims to analyze the role of the performance of national and cultural heritage in the cultural diplomacy of the time. The question arises as to how the government has used the Chinese student groups as part of a soft power strategy to manifest and establish its historical legitimacy for its ownership of the sovereignty over China at the international level. To study the whole production-process of these stage performances and the training of diplomatic etiquettes, the paper also analyses the ways through which national heritages were selected and defined (who was chosen to perform and what was presented), and how national identity of youth could be developed through such symbolic, cultural, and artistic manifestations.

12:00 - 12:30
DISCUSSION

12:30 - 14:00
PAUSE DÉJEUNER
 

ART, LITTÉRATURE ET CULTURES LOCALES

Modératrice : Sandrine Marchand (Université d'Artois)


14:00 - 14:30
Des fraises aux tournesols – Réflexions sur la production littéraire des écrivains(e)s taïwanais(e)s post-80

GWENNAËL GAFFRIC (Université Lyon 3)


 
Résumé de l'intervention
Au cours de cette intervention, je souhaiterais explorer la production littéraire contemporaine à Taïwan des auteurs nés dans les années 1980. L’approche « générationnelle » a souvent été proposée pour analyser le cinéma et la littérature sinophones, en Chine comme à Taïwan. Je souhaite proposer d’interroger la pertinence de cette approche à travers l’examen du champ littéraire contemporain à Taïwan et l’analyse croisée des trajectoires d’écriture de trois auteurs en particulier : Chu Yu-hsun 朱宥勳 (né en 1988), Ho Ching-yao 何敬堯 (né en 1985) et Huang Chong-kai 黃崇凱 (né en 1981). Je m’interrogerai sur la manière dont ces écrivains et leurs contemporains prennent position dans l’histoire de la littérature taïwanaise et sur la scène politique insulaire, comment ils jouent avec les codes et les clichés habituellement associés à leur génération, celle qui les a vus passer de « fraises » (草莓族) à acteurs du mouvement des Tournesols (太陽花學運), et comment, enfin, leur imagination littéraire fait s’incarner les espoirs et les angoisses de leur temps.

14:30 - 15:00
Art du spectacle et politique - la construction de l’« esthétique communautaire taïwanaise » au Festival d’Avignon off et l’enjeu de la participation des troupes taïwanaises de 2007 à 2019.

LIU CHAN-YUEH 劉展岳 (Inalco)


 
Résumé de l'intervention
Depuis 2007, le gouvernement taïwanais organise et subventionne la participation des troupes taïwanaises sélectionnées : théâtre, danse, chant, marionnette, etc, au Festival d’Avignon « OFF ». Cette stratégie politique de « soft power » est toujours appliquée depuis sa création et n’a pas été abandonnée lors des changements des partis au pouvoir. C’est cette continuité que nous nous proposons d’examiner en détail. Cette volonté de participation illustre l’intention du gouvernement taïwanais de faire reconnaitre la communauté « taïwanaise », par le truchement des arts du spectacle, au sein des festivals internationaux. Treize ans se sont écoulés entre leur première apparition à Avignon avec « Taiwan Taking off » en 2007 et leur récente présentation « Taiwan IN Avignon » de 2019. En tant que stagiaire lors de la première année de ce projet en 2007, nous nous interrogeons à nos jours sur : Quels genres des communautés sont construites, esthétiquement et idéologiquement ? Quelle est l’évolution du processus de la communautarisation ? Et quelle est la perspective de cette communauté « taïwanaise » au Festival off ou bien de cette méthode d’avoir recours aux « arts du spectacle» dans le futur ? Dans ce travail, nous analyserons les similarités et différences des troupes sélectionnées. Ensuite, nous discuterons de la réception de l’image de la communauté taïwanaise. Enfin, nous réfléchirons sur les enjeux de ce projet à la fois artistique et politique dans le futur.

15:00 - 15:30
Sur la littéralité de l’identité : l’expérience temporelle dans la littérature de “Taïwan”, le cas de Lo Yi-chin

WANG CHIEN-HUI 王建慧 (Université Sorbonne Nouvelle)


 
Résumé de l'intervention
Du fait de la complexité historique et géopolitique, la littérature est depuis longtemps le moyen essentiel pour reconstruire l’image de Taïwan. Pour de nombreux écrivains taïwanais, la façon dont ils expriment leurs expériences de la langue, du temps, de l’espace et de l’esthétique devient le prisme par lequel se définissent leurs œuvres et se reflètent leurs identités. Cependant, la plupart des Taïwanais ont été éduqués à voir et à penser du point de vue du continent, au lieu du celui de l’île pendant une longue période. En d’autres termes, étant considérée comme l’extension de la Chine continentale — ou de la péninsule pendant la colonisation japonaise —, Taiwan a traversé un processus de « désinsularisation » ; et enfin, en raison de ses divers colonisateurs et dirigeants, Taiwan possède un territoire fragmenté ainsi que une temporalité discontinue. Ce type d’expérience temporelle s’est transformé en différentes influences sur les insulaires qui réagissent plus tard de manière divergente dans la société, la politique, l’art, la littérature, etc. Ayant grandi dans une société étouffée par le totalitarisme et ayant commencé sa carrière d’écriture vers la fin de la loi martiale, Lo Yi-chin (1967-) est une figure représentative qui est témoin du processus d’hybridité et de l’évolution de Taiwan depuis les années 1980. Tout en tissant une texture du temps très différente depuis son premier roman Boulette de papier rouge paru en 1993, Lo Yi-chin a abandonné la méthode traditionnelle pour construire une autre version de l’histoire chronologique, et démontre plus ses doutes profonds sur l’aporie du temps. J’aimerais donc savoir comment notre auteur échappe, comme un spectacle de magie, à la contrainte de la temporalité linéaire et singulière à travers la déconstruction du récit ; De plus, par rapport aux écrivains dits “continentaux” des générations précédentes, comment l’image d’une île concrète se transforme en style d’écriture abstraite et devient ensuite l’âme de la littérature taïwanaise.

15:30 - 16:00
DISCUSSION

16:00 - 16:30
PAUSE
 

TRAVAUX DES JEUNES CHERCHEURS

Modérateur : Sébastien Ledoux (Sciences Po)


16:30 - 18:00
Comment s’écrit notre histoire ? Reconstructions de Taïwan et des mémoires collectives dans les films taïwanais contemporains : politiques et créations

CHEN WAN-SHIN 陳琬欣 (Université Sorbonne Nouvelle)


 
Résumé de l'intervention
Le cinéma taïwanais contemporain dépeint depuis 2008 les cultures locales et les histoires de Taïwan. Il présente de nouvelles réflexions des cinéastes sur l’identité taïwanaise et ses mémoires collectives, mais est aussi influencé par les subventions publiques, notamment régionales. Nous nous proposons d’analyser les films de 2008 à aujourd’hui en conviant les notions d’économie et identité politiques suivant plusieurs axes : compositions des subventions, thèmes, langages et paysages.

 
Valorisation du patrimoine industriel colonial japonais : les modalités de reconversion des anciennes usines à sucre sur la côte orientale de Taïwan

CAMILLE AKOUN (EHESS)


 
Résumé de l'intervention
Que devient aujourd’hui le patrimoine industriel colonial japonais à Taïwan ? Comment s’est-il transformé et avec quels objectifs ? Quels sont sa place et son ancrage dans les politiques culturelles et patrimoniales actuelles ? Quelle est la mémoire que l’on en garde ? Si le lieu subsiste, sa signification et la manière dont on l’habite ont évolué sur fond d’un passé colonial et ouvrier. À partir d’un travail de terrain mené dans plusieurs usines de la côte est de Taïwan (usines à sucre de Taidong, Doulan et Guangfu ainsi que l’usine à saké de Hualien), dans des territoires où sont présents des communautés autochtones, il s’agira de présenter les modalités contrastées de reconversion de l’usine à sucre privée de Doulan avec celles appartenant à la Taiwan sugar corporation. L’accent sera mis en particulier sur la place qu’occupent les cultures autochtones (notamment Amis et Paiwan) dans ces processus de reconversion et sur ces différents lieux.

 
De la nature dans le chaudron des aborigènes Tsou de Taïwan

CAROLINE MOUANGVONG (Inalco)


 
Résumé de l'intervention
Comment les aliments sont-ils cueillis, cultivés, chassés, pêchés, élevés ? Quels sont les rituels de récolte, les diverses associations retrouvées dans le bol, les différents menus du quotidien et des repas de fêtes ? Comment les plantes, fleurs, céréales, légumes, fruits, champignons, viandes et poissons sont-ils transformés en plats, médicaments ou boissons ? Qui cuisine dans la maison ? Comment les habitudes traditionnelles, les techniques culinaires et l’imaginaire poétique transforment-ils les ingrédients de la nature en plats traditionnels ? Et comment les Tsou partagent-ils la nature avec les animaux et les plantes ?

 
Comment produire du travail dans un espace religieux ? La division et distribution du travail dans le temple Hongludi Nanshan Fudegong à Taïwan.

MARTA PAVONE (Inalco)


 
Résumé de l'intervention
Le Hongludi Nanshan Fudegong (烘爐地南山福德宮) est un temple situé dans le district de Zhonghe Nouveau Taipei (Taïwan) qui est très populaire aujourd’hui pour l’efficacité du dieu du sol, son dieu principal, dans le domaine des affaires financières. Afin de répondre aux visites d’un public nombreux et de maintenir sa visibilité au niveau local et national, le temple s’organise autour d’une division et distribution du travail entre les membres de sa communauté. L’organisation tient surtout compte de la participation d’acteurs externes à cette communauté recrutés par le biais des relations interpersonnelles (guanxi 關係).
Cette présentation en anthropologie sociale se base sur une enquête ethnographique en cours dans le temple Hongludi Nanshan Fudegong. Compte tenu de la nature diversifiée de chaque acteur dans le temple, quels sont les modalités de division de travail dans un lieu religieux ? Comment les tâches sont-elles reparties et sur quels critères ? Et, surtout, comment cette organisation constituée fonctionne-t-elle au quotidien ?

18:00 - 18:30
DISCUSSION


MARDI 16 JUIN


9:30 - 10:00
ACCUEIL

GÉOPOLITIQUE DE TAÏWAN

Modératrice : Valérie Gelézeau (EHESS)


10:00 - 10:30
China-Taiwan Relations Since the 1990s: The Limits of a Relationship that Taiwan Wants to Keep “Technical” and Under Control

JEAN-PIERRE CABESTAN (Université Baptiste, Hong Kong)


Résumé de l'intervention
Since Beijing and Taipei decided in late 1992 to open a non-official channel of communications, relations across the Taiwan Strait have witnessed many ups and downs. Relations quickly soured after 1995 when then Republic of China (ROC) President (and Kuomintang Chairman) Lee Teng-hui decided to give priority to enhancing Taiwan’s international status and pragmatic diplomacy. This deterioration continued after Democratic Progressive Party (DPP)’s Chen Shui-bian was elected ROC President in 2000. Resisting any clear endorsement of the “one China” principle, Chen promoted on the contrary Taiwan’s identity and distinctiveness. But he could not prevent economic and human relations across the Strait from deepening, a trend that helped the KMT to come back to power and its candidate Ma Ying-jeou to be elected president in 2008. Under Ma, contacts and negotiations between Beijing and Taipei multiplied leading to some important agreements. Nonetheless, under local pressure the Ma Administration refrained from expanding negotiations to political matters. And since DPP Chairwoman Tsai Ing-wen’s election as ROC president in 2016, cross-Strait relations have nosedived again, even if there has not been any true reduction of economic and human interactions between both sides. That is the main argument of this paper. One the one hand, since the early 1990s and even before, China has on purpose tried to make Taiwan’s economy and society every day more dependent upon the mainland in order to compel the Taipei government to open political talks and eventually accept a unification process. On the other hand, Taiwan has opposed this strategy, only accepting to open technical negotiations and draft technical agreements. And while the Taipei government, even under Ma, has always tried to keep cross-Strait relations under control, Chinese president Xi Jinping’s more assertive unification policy has forced the Tsai Administration to enhance these controls and reduce as much as possible Taiwan’s economic dependence upon the mainland. Is this strategy sustainable? In my view, it is as long as the United States can provide a credible security guarantee to Taiwan and the ROC’s survival.

10:30 - 11:00
Xi Jinping’s Two-pronged Taiwan Policy and Taiwanese Responses

GUNTHER SCHUBERT (Université de Tübingen, Allemagne)


Résumé de l'intervention
Since Xi Jinping came to power, China’s Taiwan policy has been re-calibrated. On the one hand, it relies on several sticks by threatening Taiwan militarily and isolating it in the international arena. On the other hand, it offers carrots in the form of a wide array of preference policies to attract Taiwanese businesspeople (Taishang) and ‘Young Taiwanese’ (qingnian) who are invited to launch start-ups, participate in internship programs and study at Chinese universities and high schools. Moreover, there are programs for recruiting Taiwanese faculty into mainland Chinese universities, and Taiwanese are, upon application, provided with a new residency card which entitles them to a number of social and administrative services so far granted to mainland Chinese only. Based on recent fieldwork in China and Taiwan, this presentation highlights responses from those Taiwanese constituencies who are targeted by China’s preference policies. It also addresses a number of countermeasures launched by the Taiwan government. Finally, it ponders the question how effective Xi Jinping’s two-pronged Taiwan policy can be under conditions of an upgrading Chinese economy, hardening Chinese and Taiwanese nationalisms and an overall backlash in the West against China’s multifaceted rise.

11:00 - 11:30
L’échec d’ « un pays deux systèmes », les implications de la crise hong-kongaise pour Taïwan

JULIETTE GENEVAZ (IRSEM)


Résumé de l'intervention
Six mois de contestation politique continue à Hong Kong ont mis en péril la politique du parti communiste chinois de gouverner le territoire comme un système socio-politique à la fois différent et partie intégrante de la Chine continentale. Or, Deng Xiaoping avait formulé la politique d’ « un pays, deux systèmes » pour Taïwan. Après que Tsai Ing-wen a rejeté cette politique en octobre 2019, la tâche du nouveau gouvernement taiwanais va être de trouver un nouvel équilibre avec la Chine de Xi Jinping, alors même que celui-ci renouvelle les menaces à l’égard de l’île.

11:30 - 12:00
DISCUSSION

12:00 - 14:00
PAUSE DÉJEUNER

QUESTIONS MIGRATOIRES

Modératrice : Évelyne Ribert (EHESS)


14:00 - 14:30
La « nouvelle politique en direction du sud » : quels effets sur les travailleuses migrantes du care à Taïwan?

ANDRÉ LALIBERTÉ (Université d'Ottawa)


Résumé de l'intervention
Est-ce que cette politique favorisera la mise en œuvre de politiques de l’emploi qui permettront de mieux encadrer les pratiques de recrutement de la main d’œuvre dans le secteur en pleine croissance des femmes aides à domicile ? La combinaison de deux facteurs, soit le vieillissement de la population taïwanaise, et la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur du « care », ont créé une forte demande, comblée en grande partie par le recours à une main-d’œuvre largement féminine provenant de l’Indonésie et des Philippines, deux États importants ciblés par la « nouvelle politique en direction du sud ». Quels ont été les effets de cette nouvelle politique sur les efforts de la société civile afin de corriger les abus perpétrés à l’égard des travailleuses migrantes par les agences de placement et de recrutement dans les pays d’origine d’Asie du Sud-Est, et le pays d’accueil, Taïwan? Après avoir présenté quelques données de base sur la situation démographique qui a donné lieu à cette demande de main-d’œuvre, les évolutions récentes des flux migratoires en direction de Taiwan, et les principaux projets de loi visant à corriger les excès ayant cours dans ce secteur en pleine expansion, la communication focalisera l’attention sur les acteurs de la société civile taïwanaise et leurs partenaires transnationaux qui luttent pour corriger les abus d’un marché du travail marqué par la précarité. La communication conclura sur un élargissement de la réflexion prenant en compte les situations similaires de Hong Kong, Singapour, et les métropoles chinoises de Shanghaï et Shenzhen. Est-ce que la société civile taïwanaise peut faire la différence pour cette main-d’œuvre au statut de précaire et transitoire? A terme, est-ce que la société pluraliste de Taïwan peut être productrice de normes du travail plus humaines dans le contexte d’un marché du travail assujetti au capitalisme sauvage des régimes autoritaires et semi- démocratiques de la région? Ce travail repose sur plusieurs séjours à Taiwan, qui s’étendent sur plusieurs années, et une réflexion développée dans le cadre d’une équipe de recherche sur le genre, les migrations, et le travail du « care ».

14:30 - 15:00
Émotions, mobilités orbitales et interconnexion digitale. Femmes migrantes entre la Chine et Taïwan

BÉATRICE ZANI (Université Lumière Lyon 2/IEP de Lyon)


Résumé de l'intervention
En Chine interne, les travailleuses migrantes chinoises (dagong mei 打工妹) se déplacent des campagnes aux villes pour vendre leur force de travail dans les usines urbaines. Elles font face à une triple condition de subalternité : discrimination sociale, en tant que migrantes, marginalisation économique, en tant que prolétaires et domination culturelle, en tant que femmes. La migration de ces femmes vers Taïwan, via le mariage avec un citoyen taïwanais, condition sine qua non pour accéder légalement au territoire (Tsai 2011), se base sur la reproduction des situations de mise à distance sociale et de discrimination économique dans les villes taïwanaises et sur les marchés du travail (Lan 2008; Cheng 2013 ; Hsia 2015). Cependant, dans un but de survie et de résistance, les chinoises migrantes à Taïwan produisent de liens affectifs inédits, des socialisations professionnelles nouvelles et des activités économiques transnationales plurielles. Elles réactivent et remodèlent les différentes ressources sociales, économiques (Roulleau-Berger 2017) et émotionnelles (Illouz 2006) capitalisées pendant leurs parcours migratoires multiples, labyrinthiques et bifurqués. Les réseaux sociaux transnationaux de femmes, en Chine comme à Taïwan, jouent alors un rôle central dans le développement de ces économies multipolaires transnationales (Zani 2018), qui connectent, les différents espaces traversés par les femmes au cours des mobilités : leurs villages ruraux d’origine, les villes chinoises où elles ont travaillé temporairement et Taïwan. En exploitant les nouvelles technologies – et, plus précisément, l’application WeChat 微信- Ces activités économiques transfrontalières, dont le e-commerce développé via l’application WeChat est emblématique, ainsi que les circulations, les errances, les déplacements sur le plan physique et virtuel (Castells 206 ; Urry 2007) via les réseaux sociaux montrent l’émergence de biographies cosmopolites (Beck 2006 ; Roulleau-Berger 2017). Les migrantes vivent simultanément entre, au sein et à travers les lieux multiples de leurs mobilités, « ici et là-bas en même temps » (Tarrius 2002), entre les deux rives, à la campagne chinoise, dans les villes chinoises et à Taïwan. Dans un cadre spatial et temporel compressé (Urry 2007 ; King 2012), j’analyserai la dimension nouvelle des mobilités orbitales des femmes migrantes, ainsi que les stratégies inédites par lesquelles elles remettent en question - sur le plan physique et virtuel- des espaces figés, des frontières physiques et morales hautement monitorées. En naviguant entre capitalisme global et consommation locale, les activités économiques transnationales, phyisiques et virtuelles, matérielles et émotionnelles des femmes chinoises de la Chine à Taïwan, de Taïwan à la Chine et entre les deux pays remettent en question, transgressent, transcendent et redessinent les espaces et les frontières physiques et morales. Dans un contexte globalisé, la simultanéité et l’hypermobilité (Burawoy 2001 ; Cresswell 2010) qui caractérisent leurs mouvements, leurs échanges et leurs flottements montrent l’émergence d’espaces sociaux, économiques et émotionnels transnationaux entre la Chine et Taïwan.

15:00 - 15:30
DISCUSSION

15:30 - 16:00
PAUSE
 

TRAVAUX DES JEUNES CHERCHEURS

Modérateur : Sébastien Ledoux (Sciences Po)


16:00 - 17:00
Quel avenir pour les relations sino-vaticanes ?

PÈRE LANDRY VÉDRENNE (Institut Catholique de Paris)


 
Résumé de l'intervention
Le Saint-Siège a établi des relations diplomatiques avec la République de Chine en 1942 sous le Pontificat de Pie XII. Cependant, après une guerre civile dévastatrice, les communistes chinois victorieux ont fondé la République Populaire de Chine en 1949 et ont renvoyé toutes les représentations étrangères. Le nonce apostolique a continué à rester à son poste mais le gouvernement communiste l’a expulsé de Chine en 1951. Il sera accueilli par la suite à Taïwan par le gouvernement nationaliste du généralissime Chiang Kaï-shek. Depuis lors, le Vatican n’est plus représenté en Chine Continentale.
Aujourd’hui, ces relations sont désirées à la fois par le Saint-Siège et la République Populaire de Chine mais les protagonistes de ce dossier important restent très prudents. La normalisation des relations entre Pékin et le Saint-Siège est une question épineuse et nécessite un vrai travail de compréhension mutuelle et de patience. Le Saint-Siège voudrait normaliser ses relations avec la Chine Populaire mais se trouve confronté à deux problèmes majeurs imposés par Pékin : la nomination des évêques de l’Église en Chine et la rupture des relations avec Taïwan.
Quel est l’avenir des relations sino-vaticanes ? Quelle diplomatie devrait être adoptée de chaque côté ? Quel est l’intérêt de la Chine de se rapprocher de l’Église catholique ? Quelle Sinopolitik devrait bâtir le Saint-Père ? Que deviendront les relations entre Taïwan et le Vatican ?

 
Quelle place pour les habitants de Kinmen comme sujets du clivage sinotaïwanais ?

ALEXANDRE GANDIL (CERI, Sciences Po, CNRS)


 
Résumé de l'intervention
La spatialisation communément admise du « clivage sinotaïwanais » est celle d’une opposition articulée autour du détroit de Taïwan, distinguant entre la Chine ou le « continent chinois » à l’Ouest, et Taïwan à l’Est. Ce découpage régional fait du cas de Kinmen un angle mort, puisqu’il ne permet pas de restituer le tiraillement de cet archipel entre sa localisation géographique – à quelques encablures seulement de la province côtière du Fujian, en République populaire de Chine – et son appartenance politique – sous souveraineté du gouvernement de Taïpei. Dès lors se pose la question suivante : les habitants de Kinmen peuvent-ils parvenir à se subjectiver en regard d’un clivage dont le prisme historico-politique invisibilise la trajectoire particulière de leur territoire, et si oui, comment ?

 
Les jeunes du Kuomintang : récipiendaires d’un héritage « chinois » ?

CORENTIN LUDWIG (EHESS)


 
Résumé de l'intervention
La « Chine » reste un point de clivage toujours d’actualité entre les deux partis majeurs de la vie politique taïwanaise : le Parti démocrate progressiste et  le Kuomintang ; ce dernier défendant l’héritage politique et historique propre à la « République de Chine ». Cependant, pour la jeunesse au sein de ce parti, quel(s) sens donner à ces différents termes ? En nous appuyant sur une enquête de terrain effectuée en 2019 auprès de certains jeunes proches du parti nationaliste, nous tenterons d’analyser leur(s) perception(s) et d'interroger leur(s) héritage(s) politique(s).

17:00 - 17:30
DISCUSSION

FAQ

1Qui peut assister au colloque ?
Le colloque est ouvert à tous. L'entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
2En quelle langue le colloque sera-t-il donné ?
Les interventions seront données en anglais ou en français. Certaines interventions seront données en japonais et en chinois, mais elles bénéficieront d'une traduction en simultané.
3Le déjeuner est-il offert sur place ?
Non, il n'y a pas de repas prévu pour l'assistance. La pause déjeuner est suffisamment longue pour laisser à chacun le temps de se restaurer par ses propres moyens.
ADRESSE

EHESS - 105 Boulevard Raspail
75006 PARIS

COMMENT S'Y RENDRE

Metro Line 4, Saint-Placide
Metro Line 12, Notre-Dame-des-Champs

CONTACT

FRENCH TAIWAN STUDIES
EHESS - 54 BD RASPAIL
75006 PARIS
FRANCE
E-MAIL: CONFERENCE@FRENCHTAIWANSTUDIES.ORG
FRENCHTAIWANSTUDIES.ORG
 

En raison du coronavirus, le colloque Perspectives taïwanaises ne pourra pas avoir lieu à la date prévue. Il est reporté à juin 2021, selon les mêmes modalités.
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Due to the coronavirus epidemic, the Taiwanese Perspectives conference cannot take place at the scheduled date. It is postponed to June 2021, under the same terms.